Définir son workflow photo

Il existe une infinité (ou presque) de workflows lorsqu’il s’agit de la photographie. Aussi, je me suis dit que j’allais vous partager le mien. Je n’ai pas la prétention d’avoir LE workflow idéal, loin de là, mais c’en est un parmi tant d’autres et si je peux vous donner quelques idées (et recevoir les vôtres, en retour), c’est plutôt cool.

Attention ! Si la technique vous file des boutons, passez votre chemin : cet article traite de la partie informatique de la photographie et sera hermétique à des non initiés. 😉

Un workflow photo complet va de la prise de vue à l’archivage, en passant par l’organisation, le classement, le traitement, le stockage, la publication et la sauvegarde des images. Autrement dit, mieux vaut ne pas l’improviser sous peine de se retrouver très vite au milieu d’un beau bazar, ce qui attire des problèmes tels que la perte de temps, la perte de qualité finale ou pire : la perte d’images !


La prise de vue

Les cartes-mémoire

Les boîtiers modernes, amateurs experts, semi-professionnels ou professionnels, sont pourvus de plusieurs emplacements pour cartes mémoire. On trouve le plus souvent les deux cas suivants : soit 1 slot SD (Secure Digital) + 1 slot CF (Compact Flash), soit deux slots CF. L’avantage est évidemment de pouvoir bénéficier d’une capacité de stockage importante sans avoir à manipuler l’appareil, mais aussi de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier : un accident est vite arrivé et si votre unique carte est HS, vous n’aurez que vos yeux pour pleurer. Aussi, je vous recommande chaudement d’utiliser vos deux slots.

comparaison SD CF

En ce qui me concerne, le D800 est pourvu d’un slot SD et d’un slot CF. Le prix exorbitant des cartes CF haute capacité m’a poussé à utiliser principalement l’autre, avec une carte SDXC 64Go. Pourquoi 64Go ? Car le capteur du D800 produit des RAW plutôt lourds (de 60 à 80Mo par photo), alors une carte 8Go me permettrait un stockage de 150 photos tout au plus, ce qui n’est pas compatible avec certaines contraintes professionnelles, comme un reportage de mariage, par exemple.

RAW ou JPEG ?

Ah, l’éternelle polémique. Si tout bon bouquin ou tout passionné de photo vous conseillera normalement le format RAW plutôt que le format JPEG, je me permets de modérer un peu la radicalité des partisans de cette école : oui, le RAW est par définition brut, et contient toutes les informations de l’image, sans exercer de traitement sur celle-ci, vous laissant toutes les opportunités pour le travail de post-production (rattrapage des blancs et noirs un peu écrêtés, micro-contraste, début de HDR, etc.). MAIS. Oui, mais.

C’est intéressant dans le cas d’une production artistique spécifique, d’une image hors lot qui subira un traitement poussé et rigoureux. Mais croyez-moi, vous qui êtes contents de vos images, fugacement aperçues sur l’écran au dos de votre boîtier, après votre prise de vue, vous n’avez VRAIMENT pas envie de vous coltiner 10h de traitement pour vos 500 photos de mariage, en essayant de retrouver une chromie proche de ce que vous montrait votre petit écran. Car oui, les images qui apparaissent à l’écran sont post-traitées par le boîtier. Mais lors du dématriçage par votre logiciel favori, le fichier devient terne et moins eye-catchy (séduisant à l’œil). Ce qui est tout à fait normal, ce format ne contenant pas d’information de contraste, mais uniquement la plage dynamique de l’image, la structure et les couleurs.

© L'Internaute / Cécile Debise

A gauche, le RAW ; à droite, le JPEG. © L’Internaute / Cécile Debise

Pourquoi se faire autant de mal ? Pour frimer lors des discussions entre initiés ? Pouvoir servir du “Moi ? Ah, je ne shoote qu’en mode manuel et en RAW, bien sûr !”, sur le ton de “moi, je suis un vrai expert technique, je ne laisse pas l’interprétation de mon image à un stupide processeur.”. Je suis d’accord sur le fond mais je considère qu’il faut user de discernement pour tirer la quintessence des outils dont on dispose. En l’occurrence, mieux vaut bien régler son boîtier en JPEG jusqu’à obtenir un résultat satisfaisant (conforme à vos propres goûts), puis shooter en JPEG si vous êtes en mariage. 80% des images seront exploitables sans traitement particulier, et si le traitement est nécessaire, il est toujours possible en JPEG. Et à moins de tirer les manettes de votre Lightroom ou de votre Aperture à outrance, vous ne devriez pas constater de grosse différence de résultat par rapport à ce que vous auriez obtenu avec le RAW, hormis un gros gain de temps.

Utilisez votre temps pour autre chose ;-)

Utilisez votre temps pour autre chose 😉

Pour résumer, voici ce que je préconise : pour les longues séries de photos à livrer rapidement, optimisez vos réglages JPEG et shootez en JPEG, ce qui demandera un travail de post-production moins lourd. Pour des photos plus artistiques, à fort potentiel, là où vous avez le temps avant et après la PDV, shootez en RAW pour préserver le maximum d’information sur l’image et permettre un traitement poussé, si besoin.


Le stockage

J’ai longuement hésité à placer ce point après le traitement, car la sauvegarde se fait en général à la fin. Toutefois, le design de l’archivage —c’est-à-dire le choix de sa structure et de ses règles— se faisant au début, j’ai trouvé plus logique d’aborder directement ce point.

L’archivage

Comme pour bien d’autres sujets, on trouve différentes écoles : la gestion par photothèque ou par fichier. En gros, soit vous stockez vos photos dans le système de fichiers de votre OS préféré et vous n’utilisez votre logiciel de gestion photo que pour indexer, noter et appliquer des métadonnées à vos images, soit vous stockez vos photos directement dans la bibliothèque d’images de votre logiciel. Dans les deux cas, la méthode est non-destructrice, c’est-à-dire que les fichiers d’origine restent toujours intacts (Ouf !). Explorons maintenant les nuances ensemble.

Système de fichiers

Pour faire simple, vous triez et organisez vos photos dans les répertoires de votre choix. Votre logiciel va gérer l’indexation avec un fichier séparé, les traitements aussi, mais toutes les informations de métadonnées seront donc stockées à part et un fichier permettra au logiciel d’associer les métadonnées aux photos. Cette solution laisse beaucoup de liberté, mais demande de la rigueur dans l’organisation.

Photothèque

Cette méthode est plus simple mais également plus gourmande en ressources matérielles : si votre photothèque contient un grand nombre d’images, il vous faudra une machine suffisamment puissante pour gérer l’ensemble. Par ailleurs, attention au logiciel utilisé (mieux vaut en prendre un bien connu ou alors open source) : si toutes vos photos sont stockées dans une base propriétaire et que le soft ne fonctionne plus, ça peut rapidement virer au cauchemar pour les extraire simplement et efficacement. Les acteurs majeurs du domaine ont évidemment prévu cette option, qui consiste à passer du mode dit “géré” au mode dit “référencé”. Votre choix n’est donc pas inscrit dans le marbre, vous pouvez changer de mode pour repasser en gestion par système de fichiers (à éviter, tout de même, pour éviter les risques de couacs) en cas de besoin.

Le classement

Que vous ayez opté pour un stockage classique ou en base, si vous espérez vous y retrouver une fois que vous aurez des milliers de photos stockées, il faut établir des nomenclatures rigoureuses, notamment dans le nommage des projets photo. Le format de date anglo-saxon s’y prête à merveille, car il permet un ordre alphabétique qui sera également un ordre chronologique. Vous pouvez également utiliser des dossiers et sous dossiers pour classer vos projets photos, et utiliser la puissance des métadonnées pour ensuite pouvoir les filtrer.

Par exemple, voici ma façon de procéder : j’utilise des dossiers par année sous lesquels je range tous mes projets photos, définis thématiquement, et nommés avec la date en préfixe. Exemple :
2014 01 09 - Mariage de Peach et Mario Je n’utilise pas toutes les notes disponibles pour l’évaluation des photos, mais je marque de 5 étoiles les photos-clés de chaque série/projet, celles qui sortent du lot, afin de pouvoir les retrouver plus facilement. De la même façon, j’utilise des étiquettes de couleur pour distinguer les photos qui seront livrées, celles qui sont en attente de traitement, celles qui feront un bon bêtisier/backstage…

Ensuite, la plupart des logiciels proposent une attribution de note aux photographies pour ensuite proposer un classement par note, mais également l’attribution de mots-clés tels que “mariage”, “noir et blanc”, “portrait”, “concert”, qui vous permettront d’utiliser des filtres de recherches puissants et de trouver rapidement ce que vous cherchez dans votre base.

La sauvegarde

Comme pour les cartes-mémoire, mieux vaut redonder les données et ne pas tout miser sur un unique matériel/emplacement. Aujourd’hui, l’idéal est de cumuler sauvegarde locale (disque dur) et distante, par exemple dans le “cloud” ou chez la famille (en y laissant un disque dur). Toutefois, au prix du Giga et selon le débit de votre connexion à Internet, dans la pratique, ça peut se compliquer.

Un accident est vite arrivé, et vous ne voudriez pas tout perdre...

Un accident est vite arrivé, et vous ne voudriez pas tout perdre…

Fort heureusement, des solutions plutôt accessibles et bien fichues existent. Pour les disques, la configuration idéale serait deux disques de bureau en RAID 1 (chaque disque est redondé, chaque donnée est copiée en parallèle sur les deux disques). Ensuite, organiser une copie sur un disque dur externe, qui sera stocké ailleurs qu’à votre domicile : en cas de vol, d’incendie, d’inondation, la redondance locale sera inutile. Pour parachever cette sauvegarde, vous pourrez opter pour un service de stockage dans le cloud, ne serait-ce que pour vos JPEG exportés (déjà traités), au format livré et/ou en basse définition —uploader des fichiers RAW de plusieurs dizaines de méga l’unité, mieux vaut oublier ça. De tels services existent, même à prix abordable, outre-Atlantique. J’en ai testé un : BackBlaze. Pour moins de 4€/mois, vous avez un stockage illimité. Évidemment, a fortiori, il sera indispensable dans ce cas d’avoir un archivage référencé et non géré : il serait impossible de télécharger une base de plusieurs centaines de giga-octets à chaque synchronisation.

time-machine

Time Machine, la machine à remonter le temps. Ça peut vous sauver.

Enfin, il faut automatiser le tout, afin de ne pas subir les désastreuses conséquences de la procrastination. Selon votre rythme, prévoyez une sauvegarde hebdomadaire ou mensuelle si vous prenez peu de photos. Et n’oubliez pas de tester le contenu des sauvegardes régulièrement : si ça ne marche pas, à la première panne, il sera trop tard pour s’en inquiéter ! De nombreux outils existent pour organiser et planifier vos sauvegardes. L’outil intégré à OS X, Time Machine, en est un excellent.


Le travail de post-production

Commençons par une précision linguistique et faisons bien la différence entre “traitement” et “retouche”. Ce sont deux choses bien distinctes et pourtant, par abus de langage, on retrouve un fourre-tout sous le terme de “retouche photo” utilisé par les non-initiés, qui porte à confusion et hérisse le poil de certains photographes, dont je fais partie.

Le traitement

Le traitement numérique correspond au travail du développement argentique et permet les mêmes fantaisies : corriger l’exposition, le contraste, contrôler le bruit numérique (correspondant graphiquement au grain argentique), changer les niveaux et courbes de l’image pour déterminer la profondeur des blancs et noirs dans l’image, etc. Bref, à peu de chose près tout ce qu’il était possible de réaliser en chambre noire et qui permet de donner une interprétation à l’image brute.

Vous pouvez réaliser cette étape dans votre logiciel de traitement favori, à savoir la plupart du temps Adobe Photoshop Lightroom, Apple Aperture, l’outsider gratuit “The GIMP”, ou encore les propriétaires Nikon Capture NX et Canon DPP (Digital Photo Professional). Certains de ces logiciels permettent de faire davantage que du “simple” traitement RAW.

Mon interface de travail

Mon interface de travail, sous Aperture.

J’utilise très rarement Photoshop. A vrai dire, je n’y suis pas très à l’aise, et j’aimerais monter en compétence sur cet outil pour y mettre en œuvre, entre autres, les retouches de peau et les techniques comme le split frequency et le dodge & burn, qui donnent des résultats spectaculaires de propreté. Pour le moment, conjointement à Aperture, je n’utilise que la suite de plugins Nik Collection, récemment rachetée par Google. Ces plugins, qui s’intègrent dans Photoshop, Lightroom et Aperture, proposent toute une gamme de fonctions de post-production pour vos images, toujours qualitativement.

La retouche

Si la structure de l’image est altérée, on parle de retouche. Cela comprend le recadrage, mais aussi la déformation, le changement de proportions, la modification de courbes (amincir, grossir, grandir, rapetisser des éléments), le nettoyage de peau, l’ajout/suppression d’éléments dans l’image (cheveux, poils, poubelles, poteaux, poussières apparentes, etc.). Voici une petite vidéo qui a circulé dernièrement sur les différents sites de buzz et sur les réseaux sociaux :

Qu’il s’agisse de traitement ou de retouche, le travail de post-production fait partie intégrante de l’œuvre artistique et le temps qui y est consacré doit être comptabilisé au même titre que celui consacré à la prise de vue. L’artiste photographe qui vous dira qu’il ne “retouche (NDL’A: ou ne “traite”) pas [s]es photos” est soit un mauvais menteur, soit un mauvais photographe : une photo non interprétée est le résultat technique d’une action mécanique et correspond à un semi-travail. Ça peut arriver sur une ou deux images très isolées, de façon ponctuelle, en aucun cas de façon systématique. Vous pouvez raisonnablement déduire qu’il n’a pas de compétence en post-traitement et que sa “philosophie” n’est qu’un prétexte pour dissimuler cette lacune. A l’opposé, on reconnaîtra aisément l’amateur qui abuse du traitement et/ou de la retouche jusqu’à gâcher son image, par manque de mesure.

En définitive, je pense que ce subtil travail demande à la fois du temps (prendre assez de recul, comme laisser passer la nuit avant de revoir ses images pour juger du résultat avec un œil moins perturbé, demander conseil à ses proches ou à ses pairs) et des compétences techniques.

A droite : avant. A gauche : après. Comme vous le voyez, pas de modification de structure.


La publication sur internet

Maintenant que vos œuvres sont bien rangées, traitées, peut-être même retouchées et sauvegardées, vous envisagez de les dévoiler à la face du monde ? C’est une bonne idée, à condition de savoir où on met les pieds. Qu’il s’agisse d’optimiser sa visibilité, de garder son indépendance ou de protéger ses images contre le pillage, il faut se préparer méthodiquement et ne pas foncer tête baissée.

piege meme

Sites, blogs, fora, réseaux sociaux ?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le choix ne manque pas : de votre site vitrine à votre blog, en passant par 500px, Instagram, Facebook, Pixelistes, Virus Photo et Twitter, il y a de quoi se perdre au milieu de toutes ces options. Voici ma vision de la chose : chaque service correspond à une fonction, un besoin, dont le périmètre est relativement précis. Ces services sont complémentaires mais peuvent également, parfois, se parasiter entre eux.

Votre site vitrine

Un site vitrine est par définition plutôt statique : il présente un aperçu de votre travail, et cet aperçu doit à lui seul pouvoir être capable de vous vendre qualitativement. En d’autres termes, il ne doit présenter que le nectar de votre travail photographique. Une sorte de best-of. Évidemment, une petite présentation de vous-même ainsi qu’une page de contact sont chaudement recommandées, mais c’est du bon sens. Éventuellement, vous pouvez aussi lier votre site à d’autres endroits où vous êtes visible sur le web (blog, réseaux sociaux). C’est votre carte de visite, il faut la lécher.

Votre blog

Votre blog, lui, est plutôt voué à présenter votre actualité, vos dernières photos en contexte, les séries, les évènements, mais aussi quelques billets d’humeur ou de test matériel, par exemple. Vous pouvez l’organiser facilement de façon thématique. Ici, vous pouvez plus facilement discuter avec vos visiteurs, créer de l’interaction. Mais ça, c’est le principe de tout blog, au-delà de la photo. Si vous vous lancez dans l’aventure, veillez à publier régulièrement sans quoi cela risque de devenir contre-productif et nuire à votre image (espace abandonné, photographe inactif).

Les réseaux sociaux généralistes

C’est l’endroit idéal pour l’interaction en quantité, mais attention à la qualité. Votre travail devient soumis à la critique de tous, mêmes des plus néophytes, et les joutes par écrans interposés sont légion sur ces réseaux “sociaux”. On y trouve aussi tous les coups bas (dénigrement par message privé ou en commentaires, vol de photos, signalements abusifs aux modérateurs, shaming, etc.).

Un des gros avantages réside dans le fait de pouvoir suivre le travail de gens compétents, dont vous admirez le travail. D’un côté vous soumettez le vôtre à la critique, de l’autre vous critiquez celui des autres. Échanges de bons procédés.

Bon, ce qu’il faut retenir, c’est qu’il s’agit d’une sorte de fosse aux lions, entre les avis superficiels, les critiques intéressantes et les hypocrites. Une fois que vous le savez, il est plus facile de faire le tri.

Les plateformes photo spécialisées

Les fora sont d’excellentes façons de progresser et de nourrir son inspiration. La population étant normalement sensibilisée à la photo, elle sera constituée d’amateurs enthousiastes et de professionnels, ce qui est bénéfique pour la critique. Il en est de même pour les plateformes spécialisées comme Flickr, 500px, 1x.com, réseaux sociaux dédiés à la photographie, qui donnent une visibilité sympathique tout en gardant un niveau qualitatif appréciable..

Il existe un media adapté à ce que vous recherchez, à vous de vous assurer d’être en phase avec celui que vous choisirez. La critique permet à tous d’aborder les œuvres avec un angle différent, proposer des axes d’amélioration, recevoir des conseils, apprendre de nouvelles techniques, éduquer son œil. Mais elle apporte aussi son lot d’inconvénients, comme le risque de découragement si vous manquez de persévérance, la perte de confiance en soi face aux critiques indélicates ou encore l’overdose d’images, qui arrive sournoisement. A vous d’en tirer le meilleur.

Le facteur de la mobilité

Sur l’année dernière, les statistiques révèlent que près de 20% des terminaux utilisés pour accéder à Internet sont mobiles (smartphones, tablettes, etc.). Quel impact à votre niveau ? Vous êtes-vous déjà connecté(e) à un site dont la navigation mobile n’avait pas été prévue lors du développement ? Si oui, vous avez certainement pu constater comme la navigation est désagréable, sans parler de la lecture ou de l’affichage des photos.

Plateformes utilisées pour surfer en 2013, en France - Source : StatCounter

Plateformes utilisées pour surfer en 2013, en France – Source : StatCounter

Le responsive design

Si vous souhaitez fidéliser vos visiteurs, il est primordial que votre site vitrine et que votre blog utilisent le responsive design. Cela leur permettra de détecter la taille d’écran utilisée par le client et d’adapter l’affichage du contenu en conséquence, pour rendre l’ergonomie agréable depuis les terminaux mobiles. Vous pouvez tester cette fonctionnalité sur l’article que vous êtes en train de lire : mon blog est “responsive”. Connectez-vous depuis un smartphone ou une tablette et vous verrez que la navigation est adaptée, et donc agréable.

Le poids du site

Le haut-débit a permis de s’affranchir des contraintes rencontrées plus tôt dans la vie du web, à savoir l’optimisation du poids des fichiers. En effet, à l’époque du 56K, les connexions étaient vraiment lentes et une page non optimisée était un calvaire à charger. Si ce problème semble devenu caduc avec l’évolution des technologies, il n’en est rien. En effet, votre terminal mobile dispose de plusieurs types de connexion radio. Pour faire simple, les voici (ce n’est pas exhaustif ni exact, c’est schématique et simplifié) : l’Edge (très bas débit, ok pour téléphoner), la 2G (le GPRS, qui permet le transfert de données à bas débit), la 3G (qui permet le transfert de données à débit moyen/élevé) et la 4G, dernière arrivée à l’heure où j’écris ces lignes (qui permet le transfert de données à haut/très haut débit).

Dans de nombreux cas, vos visiteurs seront vraisemblablement en 2G ou en 3G (la 4G se démocratise doucement). Ce qui signifie que les débits, même s’ils sont corrects, ne font pas de miracle. Si vous hébergez des photos de 2Mo sur votre site ou sur votre blog, l’attente sera longue. Si vos pages affichent 10 photos de 2Mo, le visiteur quittera votre site. Même si vos éléments graphiques sont trop lourds, la navigation globale va en pâtir et l’expérience utilisateur de vos visiteurs aussi. Une photo destinée au web n’a pas besoin d’être en qualité 100%, ni en PNG, encore moins en TIFF. Choisissez un format raisonnable de JPEG, à 85% de qualité (avec le moins de perte possible tout de même) et essayez de ne pas dépasser 200Ko par image. Exclure les métadonnées est déjà un très bon moyen d’y parvenir.

Protéger ses images, faire valoir ses droits

Les CGU

Avant de vous inscrire sur un site, une plateforme, un forum, lisez attentivement les conditions générales d’utilisation. Oui, ce truc que personne ne lit. Car certains services s’approprient tout le contenu qui est téléchargé sur leurs serveurs et vous rendront impuissants si l’image est réutilisée sans votre consentement.

Marquer ses photos ?

S’il est préférable d’éviter les signatures en italique, les logos énormes ou les cadres, qui donnent tous un côté très kitsch et amateur aux photos, il faut bien trouver un moyen de les protéger. Vous pouvez envisager le filigrane (watermark) mais à moins de vendre les photos sur cette plateforme, mieux vaut éviter car cela nuit à leur esthétique. Le mieux est encore de ne mettre en ligne sur les plateformes dont on n’a pas le contrôle, que des images d’une résolution faible (inférieure à 1024px de grand côté par exemple), et de bien conserver vos fichiers d’origine en haute définition.

La protection juridique

Quelle que soit la nature de la prestation avec un tiers (client, connaissance, etc.), prenez le temps de faire signer un contrat de cession du droit à l’image que vous aurez préparé au préalable. Ce contrat vous donnera l’autorisation d’exploiter (commercialement ou non, selon les termes prévus) l’image de ce tiers. Ainsi, il ne pourra pas vous poursuivre en justice ou vous interdire l’utilisation des photographies. En retour, vous lui laisserez un contrat de cession des droits d’auteur afin que lui aussi puisse exploiter les images (à titre exclusif).

Ce point fera l’objet d’un futur article plus détaillé dans lequel je vous proposerai des modèles à remplir, à la fois pour la cession des droits d’auteurs et pour la cession du droit à l’image.


Le mot de la fin

Voilà les grandes lignes de ma façon de travailler. Je cherche constamment à l’améliorer, à l’enrichir, à l’optimiser. Alors si vous travaillez autrement, je suis intéressé par votre retour d’expérience. Si vous souhaitez approfondir un point en particulier, ce sera également avec plaisir. A bientôt 😉

Jonathan

Je suis un "pianographe à moteur". Cela résume trois de mes passions : le piano, la photographie et la moto. Les autres sont la lecture, les voyages et la gestion de mes sites web. J'essaie d'être critique et sincère à la fois, en chaque écriture, en me basant sur mon expérience et mes goûts personnels.

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3 Commentaires

Mannick

il y a environ 4 années Répondre

Avant de lire ton article sur le workflow (je vais passer pour une inculte mais je ne savais même pas ce que c'était ^^ ) et malgré le fait que je n'y connais rien non plus sur la partie informatique de la photographie, je me suis quand même lancée dans la lecture de ton article. Je suis toujours intriguée par tes articles donc je n'ai pas passé mon chemin :) En tant que non initiée, j'ai tout à apprendre et justement grâce a ton article, je n'ai pu qu'élargir mes connaissance sur le sujet qui était au point zéro^^ Merci pour le partage de tes connaissances à bientot

Christian

il y a environ 3 années Répondre

Bravo pour cet article très enrichissant. Personnellement je pratique la photo depuis de nombreuses années mais de façon trop anarchique, ce qui fait que je ne prends pas le temps de les montrer, je stock juste (je classe et je sauvegarde également)... Conscient de ce problème, je suis à la recherche d'une méthode qui m'imposerait une certaine discipline/rigueur et celle que vous exposez me paraît une excellente base de départ. Merci et également bravo pour votre travail photographique.

Jonathan

il y a environ 3 années

Bonjour Christian, Je vous remercie pour votre commentaire et suis ravi si cet article a pu vous aider d'une quelconque façon. Au plaisir de découvrir la solution que vous aurez choisie.

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