Améliorez la mise au point de vos photos avec AF-ON

Cela fait environ 4 ans maintenant que j’ai techniquement modifié ma façon de photographier pour avoir davantage de contrôle encore. C’est un peu comme l’effet papillon, même si c’est une hyperbole : ce tout petit changement technique a des conséquences sur la façon de cadrer, de composer et surtout de déclencher.

Vous souhaitez en savoir plus ? La suite arrive !


La problématique de départ

Le setup automatique

Vous êtes un(e) photographe chevronné(e) maintenant, et vous travaillez en mode manuel (ou, au pire, et je ne vous jetterai pas la pierre, en mode priorité vitesse/ouverture). Mais à moins que vous ayez toujours tout votre temps, j’imagine que vous laissez l’autofocus actif. Je me trompe ?

Aujourd’hui, je vous propose de le désactiver partiellement.

MER IL ET FOU ? *

Ne vous en faites pas, je vais vite vous montrer comment et pourquoi ça fonctionne ! Mais avant ça, comme on dit si bien If it works, don’t fix it!, pourquoi changer ?

Un ratage organisé : du sabotage ?

Vous vous retrouvez parfois avec des photos floues ? Un AF qui patine ? Une photo ratée à cause de cet AF qui patine, pendant que la scène passe ? Si vous vous trouvez dans au moins l’un de ces cas, alors j’ai une solution pour vous. D’ailleurs, c’est même mieux que ça : j’en ai deux !

Animation d'un autofocus

Où est le problème ?

Le problème, eh bien c’est votre AF. Il est couplé au déclencheur. L’idée de base n’est pas mauvaise : vous le pressez à mi-course pour faire la MAP, puis l’enfoncez complètement pour déclencher. Très bien. Très bien ? Non ! C’est bien pour faire des photos, pas pour faire de la photo. Pourquoi ?

Cela pose deux problèmes majeurs :

  • le premier, c’est la priorité. Si vous avez la priorité à la mise au point activée, cela signifie que le déclencheur ne se mettra pas en fonctionnement tant que la mise au point n’est pas effectuée. Essayez de capturer un moment rapide et il y a fort à parier que votre AF patine (d’avant en arrière), et que rien ne se passe, qu’aucune photo ne soit prise ;
  • le second, c’est l’AF accidentel. Vous avez forcément vécu ça : vous cadrez une image, un portrait, disons. Vous prenez une photo. OK. Une deuxième. OK. Vous recadrez. Au moment de déclencher, votre collimateur est mal placé (en dehors de votre sujet) puisque vous avez recadré, et *paf*, c’est le drame : l’autofocus se déclenche et vient placer la mise au point ailleurs que là où vous le souhaitiez, rendant de fait la photo ratée.

On ne se connaît pas, mais je vais présumer que l’on partage le même goût du contrôle sur les photographies que l’on réalise et que l’on aime autant vous et moi obtenir le résultat que l’on attend (ou, en tout cas, pas moins bien).

J’ai bon ? OK, passons aux solutions. On va améliorer cette façon de bosser qui est un peu hasardeuse, et pour tout dire amateur.


Gestion des priorités du déclencheur

Cette première solution est une demi-mesure. Elle vous permet de garder votre AF actif et couplé au déclencheur, mais avec un meilleur contrôle. Il n’y a pas vraiment de mauvais choix ; tout va être fonction de votre façon de travailler, de la discipline photographique que vous pratiquez et de votre préférence personnelle. Chaque méthode a ses avantages et ses inconvénients. Toutefois, la méthode par défaut est la priorité à la mise au point, et elle peut être frustante.

Priorité à la mise au point

Le nom est explicite. Comme évoqué plus haut, la photo ne sera prise qu’à partir du moment où la mise au point est faite. Si le boîtier n’y parvient pas, la photo ne sera jamais déclenchée.

Priorité au déclenchement

Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, parfois, je préfère avoir une photo floue que rien du tout… Notamment pour une photo de rue, par exemple, où, si l’on est réglé en hyperfocale, la photo a de grandes chances d’être réussie. La priorité au déclenchement vous permet donc de déclencher l’obturateur sans se soucier de la mise au point.


Découplage de l’AF et du déclencheur

Parfois, on a besoin de solutions plus radicales, et personnellement, c’est ce qui a fonctionné pour mon usage. L’idée est de dissocier entièrement le déclenchement de l’obturateur et l’ordre de mise au point. Cela demande un temps d’adaptation mais très honnêtement, si vous photographiez souvent, ça vient très rapidement et on se fait vite au luxe de travailler dans ces nouvelles conditions.

Passer le boîtier en focus manuel

La méthode peut varier d’une marque à l’autre. Chez Nikon, on peut, via les menus, directement découpler l’AF du déclencheur. Chez Fujifilm, je sais que j’ai dû passer le boîtier en AF mode manuel et utiliser ensuite le bouton AF-ON pour faire la MAP.

Pour les DSLR : j’ai bien dit le boîtier, pas l’objectif. Si vous avez un bouton de réglage de l’AF sur les deux, ne passez que le boîtier en manuel et laissez l’objectif en A (ou en A/M, peu importe).

Paramétrer le bouton AF-ON

Ensuite, vous avez soit un bouton AF-ON, soit un bouton AF-L/AE-L, soit les deux. Dans tous les cas, sur les appareils photos “experts”, vous avez nécessairement l’un de ces boutons dont la fonction est paramétrable. Vous avez normalement la possibilité de définir quelques particularités de fonctionnement, comme le fait de maintenir le bouton AF-ON enfoncé pour obtenir le même résultat qu’un AF continu (AF-C), pour un sujet en mouvement par exemple.

Voilà ! Maintenant, quand vous déclencherez, pas de mise au point ! En revanche, ça déclenche tout de suite ! Il faudra utiliser le petit bouton AF-ON pour lancer la mise au point. L’avantage, si vous photographiez un sujet fixe ou peu mobile et que votre distance à ce sujet ne change pas ou ne change que très peu, c’est que vous pouvez photographier toute une série en n’ayant fait qu’une mise au point, qui sera donc bonne pour toute la série ! Attention toutefois à penser à refaire la MAP si l’un ou l’autre bouge.


Jonathan

Je suis un "pianographe à moteur". Cela résume trois de mes passions : le piano, la photographie et la moto. Les autres sont la lecture, les voyages et la gestion de mes sites web. J'essaie d'être critique et sincère à la fois, en chaque écriture, en me basant sur mon expérience et mes goûts personnels.

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